Doudou, kréyòl, séga
Antilles, Haïti et La Réunion: le créole qui colore le français, du ti-punch au rougail.
"— Hé doudou, dépêche, le soleil tombe. — Attends mon doudou, je prends deux bokits et on file sur la plage, tranquille."
"Vini la ti cheri, mwen fè yon bon soup joumou pou ou, mange un ti bol avant de partir sinon tu vas avoir faim tout la journée."
"Mon bouboun m'a préparé du diri ak djon djon ce soir, j'te jure, j'ai failli pleurer tellement c'était bon. Cet homme-là, je le garde pour toujours."
"— Y avait combien de moun au carnaval hier soir ? — T’inquiète, tout moun était là, la rue était pleine à craquer, même les ti-moun suivaient le son."
"Ou palé kréyòl ou byen ou ka fè sanblan ? Moi j’capte an ti peu, mamie m’a coaché à la kaz, sinon je décroche quand ça parle trop vite"
"Eh tché, ou ka alé la ? Viens on va boire un ti punch chez Tonton, il a sorti le rhum arrangé coco et tout le monde est déjà là-bas."
"Le timal d'à côté il joue du ka tous les soirs sur sa terrasse, tout le quartier profite du concert gratuit. Pas mal la vie."
"La chabine là-bas, avec ses cheveux dorés et son sourire, elle a mis le soleil KO. Tout le monde au marché de Fort-de-France la regarde passer, c'est un spectacle."
"Manman Lucette, la plus grande makrèl de Schoelcher, savait que j'avais changé de travail avant même que je le dise à ma propre mère. Je comprends pas comment."
"Arrivé en Madinina, j’ai lâché un bonjou au chauffeur, puis direction la plage. Deux minutes après, j’avais déjà un ti-punch et zéro pensée d’hiver."
"Le zoreil i râle parce que le bus lé en retard, mi di a li arrête fé ton cinéma, ici faut prendre son temps."
"Allez, va demander aux gramounes devant la boutik, zot la tout vu: tisane, temps, et même ki l’a chapardé les mangues chez le voisin."
"Ce piment-là il est péi, t’inquiète: jardin de la tante à Saint-André. Pas un truc de métropole, ça arrache direct comme il faut."
"Viens à la kaz dimanche, ma mère fait un cari poulet et un rougail saucisse. Tu vas manger tellement que tu pourras plus bouger pendant trois jours. C'est le programme."
"Dimanche ou lé chaud, on fé un bon cari kabri ? Ramène le riz, les grains ek un ti rougail, sinon la marmite i pleure."
"Passe chez moi ce soir, gen koze sérieux. Figure-toi que Manman Jojo a vu le voisin danser kompa tout seul à trois heures du matin sur son balcon."
"Mon frère il a refusé le poste au ministère pour rester travailler dans son quartier, c'est un vrai kòk mawon lui"
"Deye mon gen mon, mais on baisse pas les bras, on va trouver une solution comme toujours, c'est dans notre nature de se relever"
"Dekole de là, frérot, le proprio arrive et on n'a pas payé le loyer. Faut disparaître comme si on avait jamais mis les pieds ici."
"J’ai plus un rond, le patron fait le sourd, la caisse tousse. Manman me regarde et balance Tchimbé rèd, ou ké wè, talè sa ké viré an bon."
"Tjenbé frérot, l'examen c'est dans deux jours, lâche pas maintenant. Tu vas réussir et après on fête ça au ti-punch sur la plage, promis."
"Tiembé mon frère, le cyclone passe dans la nuit et demain le soleil revient. On va sortir les chaises dehors et faire un bon rhum arrangé pour fêter ça."
"On se capte au Barachois vers 17 h, après le taf, si la pluie i tombe pas. Lé là, mi bouge, garde-moi une Dodo."
"— Misère, mi sort dehors et la pluie i tombe comme si quelqu’un i renverse un seau ! — Allez, rentre vite, sinon ou va finir trempé."
"Woy woy woy, tu as vu le prix du poisson au marché ce matin, c'est plus cher que le homard à ce rythme-là."
"Au front de mer, un ti groupe lance un maloya, roulèr lourd, kayamb sec. Deux minutes après, tout le monde bouge, même le cousin coincé."
"Ce soir, séga sur la plage, roulèr et kayamb à fond. Même tonton, soi-disant raide, i lâche un déhanché et finit à chanter créole."
"Ce soir au bal, dès que Kassav' est parti, tout le monde a crié an nou alé, et on s’est mis à zouker collés-serrés jusqu’à transpirer."
"La marmaille i court partout dans la cour, y tape dans le ballon, y crie fort. Hé, calme un peu, sinon ça finit en genou râpé."
"Ma nénène elle faisait les meilleurs samoussas du quartier, tous les marmailles du coin venaient goûter chez nous après l'école."
"— Fais-moi un ti-punch. — Ok, mais c’est toi qui doses. Il met le sucre, je presse le citron, et je lâche pas sur le rhum."
"Après la rando au Piton, mi lé rincé. Au snack, je balance: Mets deux Dodo bien fraîches. Le gars rigole: La Dodo lé la."
"Man, les accras sont chauds, bouge-toi vite, sinon la bande va tout finir. Garde-m’en deux là, j’sers le ti-punch et j’arrive."
"Ce midi, Maman lance un colombo de cabri, ça sent dans toute la case. Si t’en mets pas assez, tchip, autant manger du riz blanc."
"Le matoutou ka bouyi, viens pas brasser la marmite, le piment va te mettre au garde-à-vous. Dimanch Pâques, tout fanmi la, apré sa dodo."
"Ce soir, cari poulet dans la marmite, riz chaud, grains et rougail mangue. Ou touche pas à mon rougail, sinon ou manges du pain sec."
"Passe a moin le rougail, vite fait. Doucement sur le piment hein, sinon mi fini en larmes, même le margouillat i rigole."
"Eh man, baisse un peu le son, tu fais trop de boucan, la mamie veut pioncer. On fêtait l’anniv, ça a monté d’un coup."
"Ce soir j’ai lancé un ti cari boucané, ça embaume la kaz. Mon dalon a rappliqué sans prévenir, a piqué une cuillère et a réclamé du rab."
Voix du peuple
La théorie c'est bien, mais ce qu'on adore vraiment c'est entendre les gens dans leur flow naturel. Si tu connais une bonne expression de chez toi, apporte-la. Et si elle est déjà là, donne-lui ta voix. La carte sonore, on la construit ensemble.
Trouve ton expression et donne-lui ta voix