Bienvenue chez les Ch'tis ! Le Nord a un parler chaleureux comme ses habitants. Ici on dit "hein" toutes les trois secondes, on mange des fricadelles et on a des expressions que même les Parisiens comprennent pas. Et on en est fiers, biloute !

Biloute

C’est un petit surnom ch’ti pour interpeller quelqu’un avec tendresse, genre mon p’tit, mon gars, pote. Tu peux le dire à un gamin comme à un copain, souvent pour chambrer gentiment. Le mot a explosé partout grâce au film Bienvenue chez les Ch’tis, mais dans le Nord ça sonne direct familial. Attention quand même, en registre plus cru, biloute peut aussi désigner le sexe masculin.

"— Hé biloute, t’es où ? On file à l’estaminet, viens-ti, y a les frites qui refroidissent. — Attends, j’attrape mon blouson et j’arrive."

hein

Petit mot passe-partout qui sert à demander l'accord, relancer l'attention ou mettre une mini pression tranquille à la fin d'une phrase. À Lille et plus largement en ch'ti, on le colle facilement partout, comme une virgule parlée: Ça va, hein ? On y va, hein ? Ça donne un ton familier, complice, parfois un poil râleur, mais jamais méchant.

"— Il fait beau aujourd'hui, hein ? — Grave hein, on sort les chaises devant la baraque, hein, avant que la flotte revienne et qu'on râle."

Wassingue

Une serpillière, la vraie, celle qui finit trempée et qui sent le savon noir. Dans le coin, on dit qu’on passe la wassingue pour laver le carrelage. Le mot vient des parlers flamands du Nord, donc pas étonnant qu’en Belgique on pige direct. Ailleurs, tu sors ça et on te regarde comme si tu parlais patois.

"— Eh biloute, passe la wassingue, y a la flotte partout depuis que le petit a renversé son cacao. — J'arrive, c'est sous l'évier."

Baraque à frites

Petit stand ou roulotte où tu te chopes des frites bien grasses avec la sauce qui va bien. C’est le QG du coin, la pause bouffe après les cours ou le match, et souvent le meilleur spot pour papoter. Tu repars avec le sachet qui brûle les doigts et l’odeur sur la veste, classique.

"Ce midi, on file à la baraque à frites, biloute. Toi, une mitraillette sauce samouraï, moi un cornet bien chargé, et on repart se balader en digérant."

braire

Ça veut dire pleurer ou chouiner à répétition, façon gosse en mode caprice. À la base, braire, c’est le cri de l’âne, donc l’idée c’est un son pas très classe et bien fort. Selon le contexte, ça peut aussi viser quelqu’un qui gueule trop. Phrase classique pour recadrer à la maison, quand ça monte en volume.

"Le p’tit brait depuis une heure, biloute, parce qu’on a raté la dernière frite et qu’il pleut une drache, ça sent la crise."

Berloquer

Ça veut dire perdre un peu le nord, délirer, divaguer et sortir des histoires impossibles. Tu l’emploies quand quelqu’un s’emballe, s’invente une vie ou confond la réalité avec un film pourri. C’est bien du parler du coin, pratique pour dire qu’un gars a le ciboulot complètement en roue libre, biloute.

"Il annonce qu’il va traverser la Deûle à la nage en janvier, en claquettes. Non mais sérieux, il berloque, filez-lui une chicorée."

Ducasse

La ducasse, c’est la grosse fête du quartier, une kermesse XXL où ça sent la frite et le croustillon. Manèges, auto-tamponneuses, pêche aux canards, stands qui hurlent, et la p’tite bière qui suit. Le mot vient de dédicace, la fête de l’église, mais aujourd’hui c’est surtout prétexte à se retrouver et claquer ses pièces.

"Ce week-end, c’est la ducasse à Wazemmes, biloute. On s’envoie un tour d’auto-tamponneuses, puis croustillons, et on finit au comptoir, poches vides."

Quinquin

Un quinquin, c’est un petit enfant, dit avec tendresse dans le parler ch’ti, un peu comme “le p’tit” qu’on protège et qu’on gâte. Le mot a pris une grosse vibe nostalgie grâce à la chanson Le P’tit Quinquin, super connue dans le Nord. Ça sonne doux, un brin old school, et ça colle direct à l’ambiance de quartier.

"À Wazemmes, dans le bus, la mamie chuchote au daron: Chut, l’quinquin i dort. Et lui, tout fier, il cale la poussette contre lui."

Bistouille

Un café boosté à la gnôle: tu rajoutes une goutte d’eau-de-vie, souvent du genièvre, et ça réveille direct. On appelle ça aussi café-bistouille. Dans les estaminets du coin, c’est le remède quand il fait froid ou quand tu bosses aux aurores. Simple, rustique, et franchement, ça met le moteur en marche.

"File-moi un café-bistouille, j’ai les mains gelées. Avec un doigt de genièvre, je tiens jusqu’à midi, sinon je m’endors sur le chantier."

Chicon

Un chicon, c’est une endive, point. Dans le coin de Lille et chez les Belges, c’est le mot qui sort tout seul quand tu parles cuisine d’hiver, gratin de chicons, chicons au jambon, et compagnie. Dire endive passe partout, mais lâcher chicon, ça te donne direct l’accent du Nord et l’envie de béchamel.

"Ce soir, biloute, je te fais des chicons au jambon: si t’appelles ça des endives, Mamie va te regarder de travers."

Couque

C’est une viennoiserie bien dodue, entre la brioche et le petit gâteau, souvent bien beurrée ou bien sucrée. Tu peux en trouver au beurre, au sucre, au chocolat, selon la boulange et l’humeur du jour. Le mot vient du néerlandais koek, logique vu le coin. Par temps gris, c’est le petit réconfort qui fait taire tout le monde.

"J’ai chopé des couques au sucre pour le goûter, biloute. Fais pas ton radin, t’en prends une, mais touche pas à ma dernière"

Toudis

Ça veut dire toujours, version ch’ti. Tu l’balances quand rien change et que ça recommence encore, souvent dans c’est toudis pareil. Le mot traîne en picard depuis longtemps, héritier d’un vieux français tous dis, tous les jours. Tu l’entends au quotidien, dans le coin, au comptoir comme à la maison.

"Il est toudis en retard, biloute, même pour la baraque à frites. Après il jure qu’y avait la queue au Carrefour, comme d’hab."

min

Petit possessif en ch’ti, min remplace mon ou ma et donne direct le goût du Nord à ta phrase. Tu le colles devant un nom, min vélo, min frangin, min coin, et ça sonne tout de suite comme un dimanche à l’estaminet. Dans les blagues et les tapes dans le dos, min biloute veut juste dire mon pote, tout simple.

"Eh, touche pas à min vélo, hein, j’te vois venir. J’l’ai posé deux minutes devant l’estaminet, et toi t’es déjà sur la selle, biloute."

Baquer

Ça veut dire tomber d’un coup, souvent en glissant, en mode grosse gamelle. Tu peux aussi l’utiliser pour quelqu’un qui se vautre bien comme il faut. On le sort quand ça drache, que les pavés brillent et que tout le monde finit les quatre fers en l’air. Petit verbe ch’ti, efficace et sans pitié.

"J’ai baqué sur le verglas devant la boulange, le sac de croissants a volé. Un papy: eh biloute, t’es pas cassé. Moi, juste vexé."

Carabistouille

Une carabistouille, c’est une bêtise ou une histoire bidon qu’on te sert avec un aplomb incroyable, genre l’entourloupe racontée droit dans les yeux. Tu lances ça pour couper court au baratin et remettre quelqu’un à sa place, sans forcément l’insulter. Le mot a même fait le buzz quand Macron l’a ressorti, preuve que ça claque.

"Arrête tes carabistouilles, une fois: ton histoire de chef en trottinette, j’y crois pas. Dis juste que t’as raté le train, ça ira."
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