Câlice de tabarnak ! Le québécois, c'est le français qui a pris le bateau au XVIIe siècle, qui a survécu à l'hiver canadien et qui a muté en quelque chose de complètement unique. Les sacres, les anglicismes détournés, les expressions du terroir : c'est une langue vivante, crisse !
Tabarnac
Le roi des sacres québécois. Dérivé de « tabernacle », c'est devenu le juron suprême, utilisable en toute circonstance : colère, surprise, admiration. C'est le couteau suisse de l'émotion au Québec.
Char
Une voiture, une bagnole. Au Québec, on dit « char » comme les Français disent « caisse ». Ça vient de l'anglais « car » mais avec l'accent québécois, ça sonne tellement mieux.
Blonde
Ta copine, ta petite amie. Au Québec, que la fille soit rousse, brune ou chauve, c'est ta blonde. Rien à voir avec la couleur des cheveux, c'est juste comme ça qu'on dit.
Pogner
Attraper, choper, coincer. Au Québec, tu pognes un rhume, tu pognes les nerfs, tu te fais pogner par la police. C'est le verbe multi-usage par excellence.
Niaiseux
Un peu bête, niais, pas très futé. C'est entre l'insulte légère et la moquerie affectueuse. On peut traiter son meilleur ami de niaiseux sans que ça parte en bagarre.
Crisse
Sacre québécois dérivé de « Christ ». Peut être un juron, un adverbe d'intensité ou un verbe. « Crisse-moi patience » = fiche-moi la paix. La polyvalence linguistique à son meilleur.
Pantoute
Pas du tout, absolument pas. Contraction de « pas en tout ». Au Québec, quand c'est non, c'est non pantoute. Y a pas plus catégorique.
Calice
Sacre québécois dérivé du calice de la messe. Plus fort que « maudit » mais moins que « tabarnac ». Se décline en « câlice », « câline », « câline de bine ». Tout un art du sacrage.
Chum
Ton copain, ton petit ami. Ça vient de l'anglais mais c'est devenu 100% québécois. « Mon chum » c'est ton mec, et si t'as pas de chum, t'es « célibataire en tabarnak ».
Poutine
Le plat national québécois : frites, fromage en grains qui « couic-couic » et sauce brune. C'est pas gastronomique, c'est pas diététique, mais c'est le meilleur comfort food de l'univers. Point final.
Maganer
Abîmer, esquinter, maltraiter. Quand un truc est magané, il est en mauvais état. Tu peux aussi être magané toi-même après une grosse soirée.
Icitte
Ici. Version québécoise de « ici » avec le -tte final typique du vieux français qui a survécu au Canada. Les linguistes adorent, les Français trouvent ça trop mignon.
Câliner
Sacre atténué de « câlice ». Quand tu veux sacrer sans sacrer pour de vrai, tu dis « câline ». C'est le sacre version PG-13, acceptable devant les enfants (presque).
Frette
Très froid, glacial. Quand un Québécois dit « il fait frette », c'est qu'on est facilement à -25°C. Frette c'est le froid qui mord, qui pique, qui fait mal.
Bec
Un bisou, un petit baiser rapide. Au Québec, on se donne des becs au lieu de se faire la bise. « Donne-moi un bec » c'est la version québécoise de « fais-moi un bisou ».
Dépanneur
L'épicerie du coin, le petit magasin ouvert tard. Au Québec, le dépanneur c'est là où tu vas chercher du lait, de la bière et des chips à 23h. C'est une institution.
Tuque
Un bonnet d'hiver. Au Québec, on porte une tuque, pas un bonnet. Et vu le froid qu'il fait, la tuque c'est pas un accessoire, c'est un outil de survie.
Ciboire
Sacre québécois dérivé du vase sacré. Moins fort que tabarnac mais plus que « mautadit ». Se décline en « ciboère » ou « cibole » pour la version allégée.
Char à patates
Rien du tout, que dalle, nada. L'expression complète c'est « ça vaut pas un char à patates ». Quand quelque chose vaut un char à patates, ça vaut rien.
Envoye donc
Allez, vas-y, fonce ! L'expression d'encouragement québécoise par excellence. C'est dit avec enthousiasme et ça motive n'importe qui.
Maudit
Le sacre québécois de base, le plus doux de la gamme. C'est l'entrée en matière du sacrage, le premier qu'on apprend. « Maudit que c'est bon ! » = c'est vraiment trop bon.
Char allégorique
Un char de défilé, de carnaval. Au Québec, les chars allégoriques défilent pendant le Carnaval de Québec et la Saint-Jean. C'est la fête en mouvement.
Viarge
Sacre atténué de « Vierge (Marie) ». Exclamation de surprise ou de frustration. Moins fort que tabarnac, c'est le sacre qu'on dit quand on se retient un peu.
Capoter
Devenir fou, perdre la tête, flipper. Au Québec, quand tu capotes, c'est que quelque chose te bouleverse complètement, en bien ou en mal.
Achaler
Ennuyer, embêter, importuner. Quand quelqu'un t'achale, il te casse les pieds. « Achale-moi pas » = fiche-moi la paix.
Garrocher
Lancer, jeter, balancer. Au Québec, tu garroches une balle, tu garroches tes vêtements par terre, tu garroches ta job si t'en as marre. Verbe polyvalent et satisfaisant.
Gosses
ATTENTION : au Québec, les gosses, ce sont les testicules. Ne JAMAIS dire « je joue avec mes gosses » devant un Québécois si tu parles de tes enfants. Malentendu garanti et hilarité générale.
Motton
Un grumeau, un nœud dans la gorge, ou de la peine. « Avoir un motton dans la gorge » c'est avoir envie de pleurer. C'est aussi un grumeau dans la sauce.
Niaiser
Perdre son temps, niaisouner, glander. Au Québec, niaise pas = arrête de déconner. Et un niaiseaux c'est quelqu'un qui niaise tout le temps.
Chicane
Une dispute, une engueulade, un conflit. Au Québec, quand y a de la chicane, c'est que ça se dispute sec. « Se chicaner » = se disputer.
Coudon
Contraction de « écoute donc ». Interjection québécoise pour attirer l'attention ou exprimer la surprise. « Coudon, c'est quoi ton problème ? »
Correct
Bien, OK, ça va. Au Québec, « correct » est une réponse universelle. « C'est correct » = ça va, pas de problème. C'est le mot le plus zen du vocabulaire québécois.
Jaser
Papoter, discuter, bavarder. Au Québec, on jase entre amis, on jase sur le perron, on jase au dépanneur. C'est la conversation décontractée et amicale.
Plogue
Une publicité, une promo, un placement de produit. Du terme anglais « plug ». Au Québec, quand quelqu'un fait une plogue, il fait la pub de quelque chose, souvent de façon pas très subtile.
Ostie
Sacre québécois dérivé de « hostie ». Très polyvalent : juron, adjectif intensificateur, exclamation. « C'est en ostie » = c'est vraiment beaucoup. Un classique du sacrage.
Quétaine
Kitsch, ringard, de mauvais goût. Au Québec, quelque chose de quétaine c'est le summum du mauvais goût assumé. Les décos de Noël gonflables, c'est quétaine et c'est beau.
Téteux
Un lèche-bottes, un fayot. Au Québec, le téteux c'est celui qui fait du lèche au prof ou au patron pour avoir des faveurs. Personne aime un téteux.
Placotage
Le commérage, les ragots, les potins. Au Québec, placoter c'est papoter mais avec un côté ragots. Le placotage c'est le sport national des pauses café.
Faire des sparages
Faire des manières, en faire trop, exagérer. Quand quelqu'un fait des sparages, il ou elle en rajoute des tonnes pour pas grand-chose.
Souper
Le repas du soir. Au Québec (et en Belgique), on soupe le soir, on dîne le midi. Les Français « dînent » le soir et ça crée la confusion la plus constante de la francophonie.