Câlice de tabarnak ! Le québécois, c'est le français qui a pris le bateau au XVIIe siècle, qui a survécu à l'hiver canadien et qui a muté en quelque chose de complètement unique. Les sacres, les anglicismes détournés, les expressions du terroir : c'est une langue vivante, crisse !

Tabarnac

Le roi des sacres québécois. Dérivé de « tabernacle », c'est devenu le juron suprême, utilisable en toute circonstance : colère, surprise, admiration. C'est le couteau suisse de l'émotion au Québec.

"— J'ai pogné une contravention de 500 piasses. — Tabarnac ! T'étais stationné où ?"

Char

Une voiture, une bagnole. Au Québec, on dit « char » comme les Français disent « caisse ». Ça vient de l'anglais « car » mais avec l'accent québécois, ça sonne tellement mieux.

"— On prend mon char ou le tien ? — Le tien, le mien est au garage, le moteur est scrappé."

Blonde

Ta copine, ta petite amie. Au Québec, que la fille soit rousse, brune ou chauve, c'est ta blonde. Rien à voir avec la couleur des cheveux, c'est juste comme ça qu'on dit.

"— Tu viens-tu au hockey à soir ? — Non, je sors avec ma blonde, c'est notre anniversaire."

Pogner

Attraper, choper, coincer. Au Québec, tu pognes un rhume, tu pognes les nerfs, tu te fais pogner par la police. C'est le verbe multi-usage par excellence.

"— J'me suis fait pogner à 140 sur l'autoroute. — T'es pas sérieux ! Ça va te coûter une fortune."

Niaiseux

Un peu bête, niais, pas très futé. C'est entre l'insulte légère et la moquerie affectueuse. On peut traiter son meilleur ami de niaiseux sans que ça parte en bagarre.

"— J'ai mis le sel dans mon café au lieu du sucre. — T'es ben niaiseux, han !"

Crisse

Sacre québécois dérivé de « Christ ». Peut être un juron, un adverbe d'intensité ou un verbe. « Crisse-moi patience » = fiche-moi la paix. La polyvalence linguistique à son meilleur.

"— Crisse que c'est bon ce pâté chinois ! — Ma mère le fait depuis 40 ans, c'est sa recette secrète."

Pantoute

Pas du tout, absolument pas. Contraction de « pas en tout ». Au Québec, quand c'est non, c'est non pantoute. Y a pas plus catégorique.

"— Tu veux-tu venir au souper chez ma belle-mère ? — Pantoute ! La dernière fois elle m'a critiqué pendant trois heures."

Calice

Sacre québécois dérivé du calice de la messe. Plus fort que « maudit » mais moins que « tabarnac ». Se décline en « câlice », « câline », « câline de bine ». Tout un art du sacrage.

"— Mon char vient de tomber en panne sur le pont. — Câlice ! En pleine heure de pointe en plus ?"

Chum

Ton copain, ton petit ami. Ça vient de l'anglais mais c'est devenu 100% québécois. « Mon chum » c'est ton mec, et si t'as pas de chum, t'es « célibataire en tabarnak ».

"— Tu sors-tu avec quelqu'un ? — Oui, mon chum s'appelle Jean-François, ça fait un an."

Poutine

Le plat national québécois : frites, fromage en grains qui « couic-couic » et sauce brune. C'est pas gastronomique, c'est pas diététique, mais c'est le meilleur comfort food de l'univers. Point final.

"— On mange quoi après le bar ? — Une poutine, tabarnak ! Y a rien de mieux à 3h du matin."

Maganer

Abîmer, esquinter, maltraiter. Quand un truc est magané, il est en mauvais état. Tu peux aussi être magané toi-même après une grosse soirée.

"— T'as l'air magané ce matin. — J'ai veillé jusqu'à 4h, je suis complètement scrappé."

Icitte

Ici. Version québécoise de « ici » avec le -tte final typique du vieux français qui a survécu au Canada. Les linguistes adorent, les Français trouvent ça trop mignon.

"— Tu restes-tu icitte ou tu t'en vas ? — Je reste icitte, il fait trop frette dehors."

Câliner

Sacre atténué de « câlice ». Quand tu veux sacrer sans sacrer pour de vrai, tu dis « câline ». C'est le sacre version PG-13, acceptable devant les enfants (presque).

"— Câline que c'est froid ! — Met ta tuque pis tes mitaines, on est au Québec quand même."

Frette

Très froid, glacial. Quand un Québécois dit « il fait frette », c'est qu'on est facilement à -25°C. Frette c'est le froid qui mord, qui pique, qui fait mal.

"— On sort-tu marcher ? — Es-tu fou ? Il fait frette en tabarnak, genre -30 avec le vent !"

Bec

Un bisou, un petit baiser rapide. Au Québec, on se donne des becs au lieu de se faire la bise. « Donne-moi un bec » c'est la version québécoise de « fais-moi un bisou ».

"— Viens icitte, donne-moi un bec avant de partir ! — Bye maman ! Bec bec !"

Dépanneur

L'épicerie du coin, le petit magasin ouvert tard. Au Québec, le dépanneur c'est là où tu vas chercher du lait, de la bière et des chips à 23h. C'est une institution.

"— Y a plus de lait. — Je fais un saut au dépanneur, tu veux-tu autre chose ?"

Tuque

Un bonnet d'hiver. Au Québec, on porte une tuque, pas un bonnet. Et vu le froid qu'il fait, la tuque c'est pas un accessoire, c'est un outil de survie.

"— Oublie pas ta tuque, il fait -20 dehors ! — Oui maman, j'ai ma tuque, mes mitaines pis mon foulard."

Ciboire

Sacre québécois dérivé du vase sacré. Moins fort que tabarnac mais plus que « mautadit ». Se décline en « ciboère » ou « cibole » pour la version allégée.

"— Ciboire, j'ai oublié mon portefeuille ! — T'inquiète, je te paye, tu me remettras ça."

Char à patates

Rien du tout, que dalle, nada. L'expression complète c'est « ça vaut pas un char à patates ». Quand quelque chose vaut un char à patates, ça vaut rien.

"— Son excuse vaut pas un char à patates. — Normal, il a inventé ça en deux secondes."

Envoye donc

Allez, vas-y, fonce ! L'expression d'encouragement québécoise par excellence. C'est dit avec enthousiasme et ça motive n'importe qui.

"— J'ose pas lui parler... — Envoye donc ! Le pire qui peut arriver c'est qu'elle dise non !"

Maudit

Le sacre québécois de base, le plus doux de la gamme. C'est l'entrée en matière du sacrage, le premier qu'on apprend. « Maudit que c'est bon ! » = c'est vraiment trop bon.

"— Maudit que les feuilles sont belles à l'automne ! — C'est ça le Québec, les couleurs sont incroyables."

Char allégorique

Un char de défilé, de carnaval. Au Québec, les chars allégoriques défilent pendant le Carnaval de Québec et la Saint-Jean. C'est la fête en mouvement.

"— T'as vu le char allégorique des Bonhomme Carnaval ? — Oui, les enfants étaient ben contents !"

Viarge

Sacre atténué de « Vierge (Marie) ». Exclamation de surprise ou de frustration. Moins fort que tabarnac, c'est le sacre qu'on dit quand on se retient un peu.

"— Viarge, t'as vu le prix de l'épicerie ? — Je sais, c'est rendu fou, tu payes 8 piasses pour du beurre."

Capoter

Devenir fou, perdre la tête, flipper. Au Québec, quand tu capotes, c'est que quelque chose te bouleverse complètement, en bien ou en mal.

"— Taylor Swift vient en concert à Montréal ! — J'CAPOTE ! Achète-moi des billets, je t'en supplie !"

Achaler

Ennuyer, embêter, importuner. Quand quelqu'un t'achale, il te casse les pieds. « Achale-moi pas » = fiche-moi la paix.

"— Arrête de m'achaler avec tes questions ! — OK OK, je te laisse tranquille."

Garrocher

Lancer, jeter, balancer. Au Québec, tu garroches une balle, tu garroches tes vêtements par terre, tu garroches ta job si t'en as marre. Verbe polyvalent et satisfaisant.

"— Arrête de garrocher tes bas sales partout ! — Oups, je vais ramasser, promis."

Gosses

ATTENTION : au Québec, les gosses, ce sont les testicules. Ne JAMAIS dire « je joue avec mes gosses » devant un Québécois si tu parles de tes enfants. Malentendu garanti et hilarité générale.

"— En France on dit « mes gosses » pour les enfants. — Tabarnak, dis JAMAIS ça icitte, le monde va te regarder bizarre !"

Motton

Un grumeau, un nœud dans la gorge, ou de la peine. « Avoir un motton dans la gorge » c'est avoir envie de pleurer. C'est aussi un grumeau dans la sauce.

"— J'ai un motton dans la gorge quand j'y pense. — C'est normal, c'était ton meilleur ami."

Niaiser

Perdre son temps, niaisouner, glander. Au Québec, niaise pas = arrête de déconner. Et un niaiseaux c'est quelqu'un qui niaise tout le temps.

"— Arrête de niaiser pis viens m'aider ! — OK, j'arrive, j'étais sur mon téléphone."

Chicane

Une dispute, une engueulade, un conflit. Au Québec, quand y a de la chicane, c'est que ça se dispute sec. « Se chicaner » = se disputer.

"— Y a eu de la chicane à Noël entre ton père pis ton oncle ? — Comme chaque année, ils se sont chicanés sur la politique."

Coudon

Contraction de « écoute donc ». Interjection québécoise pour attirer l'attention ou exprimer la surprise. « Coudon, c'est quoi ton problème ? »

"— Coudon, t'as-tu vu l'heure ? On est en retard ! — Oups, mon cadran a pas sonné."

Correct

Bien, OK, ça va. Au Québec, « correct » est une réponse universelle. « C'est correct » = ça va, pas de problème. C'est le mot le plus zen du vocabulaire québécois.

"— Je suis en retard de 10 minutes, ça va ? — C'est correct, je suis pas pressé."

Jaser

Papoter, discuter, bavarder. Au Québec, on jase entre amis, on jase sur le perron, on jase au dépanneur. C'est la conversation décontractée et amicale.

"— Viens-tu jaser un peu ? — Oui, installe-toi, je nous fais un café."

Plogue

Une publicité, une promo, un placement de produit. Du terme anglais « plug ». Au Québec, quand quelqu'un fait une plogue, il fait la pub de quelque chose, souvent de façon pas très subtile.

"— Mon ami a un restaurant sur la Rue Saint-Denis, je fais une petite plogue. — C'est bon, on ira, ta plogue est acceptée !"

Ostie

Sacre québécois dérivé de « hostie ». Très polyvalent : juron, adjectif intensificateur, exclamation. « C'est en ostie » = c'est vraiment beaucoup. Un classique du sacrage.

"— Il fait chaud en ostie ! — Ouvre la fenêtre, on crève là-dedans."

Quétaine

Kitsch, ringard, de mauvais goût. Au Québec, quelque chose de quétaine c'est le summum du mauvais goût assumé. Les décos de Noël gonflables, c'est quétaine et c'est beau.

"— Tu trouves pas ma chemise hawaïenne un peu quétaine ? — Un peu ? C'est quétaine en tabarnak, mais assume !"

Téteux

Un lèche-bottes, un fayot. Au Québec, le téteux c'est celui qui fait du lèche au prof ou au patron pour avoir des faveurs. Personne aime un téteux.

"— Il a encore apporté des biscuits au boss. — Quel téteux ! Il veut la promotion c'est sûr."

Placotage

Le commérage, les ragots, les potins. Au Québec, placoter c'est papoter mais avec un côté ragots. Le placotage c'est le sport national des pauses café.

"— T'as entendu que Suzanne sort avec le voisin ? — Oh là, ça c'est du bon placotage ! Raconte !"

Faire des sparages

Faire des manières, en faire trop, exagérer. Quand quelqu'un fait des sparages, il ou elle en rajoute des tonnes pour pas grand-chose.

"— Elle veut pas goûter au boudin. — Fais pas des sparages, goûte au moins !"

Souper

Le repas du soir. Au Québec (et en Belgique), on soupe le soir, on dîne le midi. Les Français « dînent » le soir et ça crée la confusion la plus constante de la francophonie.

"— Tu viens-tu souper chez nous à soir ? — Avec plaisir, je ramène le dessert !"
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