Oh bonne mère ! À Marseille, on parle pas, on chante. L'accent est une institution, les expressions sont tarpin colorées, et si tu comprends pas, c'est que t'es pas du coin, minot. Le soleil tape sur les mots et ça donne un parler unique au monde.
"Un ou une teubé, c'est quelqu'un de bête qui a fait une boulette, qui est un peu à côté de la plaque. Par exemple, ah merde, j'ai envoyé le message à ma mère au lieu de mon copain. Quelle teubée !"
"Un gadjo au masculin ou une gadji au féminin, c'est un homme ou une femme qui font pas partie de la communauté du voyage, qui sont pas gitans. Ça a été popularisé par la suite et maintenant ça désigne tout simplement un homme ou une femme. Exemple, c'est qui le gadjo là-bas ? Je le reconnais pas."
"Être refait, ça veut dire être heureux, être satisfait, se retrouver dans une bonne position. Exemple, j'ai trouvé un billet de 50 dans la rue l'autre jour, j'étais refait."
"être refait être refait ça veut dire être vraiment très content par exemple quand j'ai vu mes résultats je te jure j'étais refait j'avais réussi alors que franchement j'y croyais pas trop"
"La blinde. La blinde, ça veut dire beaucoup. Il y en a une grande quantité quand il y en a la blinde. Exemple, il y a la blinde de keuf dans le centre aujourd'hui, il s'est passé quoi ?"
"Ripou. Un ripou, c'est un policier corrompu. C'est le verlan de pourri. Exemple, à Marseille, si c'est autant le bordel dans les quartiers nord, c'est aussi parce que c'est plein de ripoux, y a pas de surprise."
La blinde
Ça veut dire énormément, une grosse quantité, le trop-plein qui déborde. Tu l’utilises pour parler d’un lieu, de gens, d’un truc qui est chargé à bloc. C’est familier, ça fuse dans la rue et ça marche avec tout: du monde, des flics, des messages, des embrouilles. Bref, y en a plein.
Être refait
Être refait, c’est être trop content, soulagé, heureux comme si on t’avait recollé les morceaux et remis de l’énergie neuve. Tu l’emploies quand un truc se passe enfin bien, que ça réussit, que tu gagnes, que t’as une bonne nouvelle. C’est plus fort que content, c’est la joie qui déborde un peu.
Teubé
Verlan de bête, donc ça sert à dire que t’as été un peu idiot, pas réveillé, ou carrément à côté de tes pompes. Ça s’emploie souvent entre potes pour se chambrer, ou en mode auto-dérision quand tu viens de faire une boulette énorme. C’est familier, ça peut faire rire, mais balancé à un inconnu, ça passe pour une insulte.
Gadjo
Gadjo, chez les Roms et les Manouches, c'est le mec qui fait pas partie de la communauté, le non-Gitan, celui du dehors. En français de la rue, le mot s'est un peu baladé et peut aussi servir à dire un type, un gars, souvent avec une petite distance ou un sourire en coin selon le ton. Au féminin, c'est gadji.
Ripou
C’est le blaze pour un flic pourri, corrompu, vendu. Le mot vient du verlan de pourri et il a explosé avec le film Les Ripoux, puis c’est resté dans le langage courant. On l’utilise quand tu sens la magouille, l’abus de pouvoir ou les petits arrangements entre keufs et voyous. Pas net, point.