Ça veut dire que c’est archi rempli, au point où t’as l’impression qu’il reste même plus un coin d’air libre. Tu le sors pour un resto, un métro, une soirée, une rue, n’importe quel endroit bourré de monde ou chargé à bloc. C’est court, net, et ça peint direct l’idée d’un truc saturé.
"On voulait bruncher peinards mais le bistrot était blindé, alors on a fini avec un croissant triste sur un banc en regardant les autres mâcher."
La brisolée, c'est le festin d'automne valaisan qui te pose à table pour un bon moment. Au centre, t'as les châtaignes grillées, puis ça débarque avec raisin, pommes, poires, fromages et autres trucs bien généreux. Tu viens pour manger, tu restes pour l'ambiance qui chauffe les mains, le ventre et la discussion.
"Dimanche on monte en Valais pour une brisolée, alors viens avec de la place dans l’estomac et zéro dignité devant les châtaignes."
C’est le mot un peu old school pour dire une pub, une publicité qu’on voit à la télé, dans le journal ou ailleurs. En Suisse romande, il a gardé une vraie vie au quotidien pendant que d’autres coins l’ont rangé au grenier. Ça a un petit goût rétro, mais personne ne cligne des yeux quand tu le sors.
"T’as vu la réclame pour ce fromage qui promet le bonheur en huit bouchées, ou c’est encore une blague de marketeux en costard ?"
Ça veut dire vas y, je t’en prie, sers toi, passe avant moi, fais comme chez toi. C’est une formule polie, souple et super romande, le genre de phrase qui ouvre une porte sans faire de cinéma. Il y a dedans une douceur pratique, presque domestique, qui dit à l’autre qu’il peut avancer tranquille, sans se prendre la tête.
"Prends une bière dans le frigo, fais seulement, ici personne te regarde de travers si tu t’installes direct à la cuisine."
Expression romande pour dire qu'il faut redescendre d'un cran et arrêter de courir partout pour rien. En gros, y a pas d'urgence, donc tu peux souffler un coup. C'est souvent balancé avec un petit sourire moqueur quand quelqu'un s'affole pour pas grand-chose.
"Range ton natel deux secondes, le train part dans quinze minutes, y’a pas le feu au lac, on a largement le temps de prendre un café avant."
Ça veut dire être occupé dans son coin, trifouiller, bricoler, regarder quelque chose sans trop faire de bruit. Tu le sors quand quelqu’un magouille gentiment dans un tiroir, traîne vers une étagère ou s’affaire à sa sauce. Boutiquer, c’est l’activité discrète, un peu floue, mais bien vivante, de celui qui manigance sans forcément foutre le bazar.
"Qu’est-ce que tu boutiques vers l’armoire depuis dix minutes, tu cherches les verres pour l’apéro ou tu prépares un plan zinzin ?"
Ça veut dire qu’il pleut fort, pas la petite flotte timide qui mouille juste les lunettes. Quand ça roille, ça tombe dru, ça cogne les vitres et tu sens déjà tes pompes faire floc floc. C’est le verbe qui met la roille en mouvement, la vraie rincée de Suisse romande qui te transforme une sortie banale en expédition mouillée.
"Prends pas le vélo cet après-midi, ça roille à fond dehors, tu vas rentrer trempé jusqu’au slip et râler tout le trajet."
Ça dit qu’il fait une chaleur lourde, collante, le genre qui te transforme en fontaine avant même d’avoir fini ta phrase. Le mot sert souvent à râler un bon coup, avec ce petit plaisir très humain de commenter la météo quand elle cogne trop fort. C’est une façon bien Suisse romande de dire que dehors, ça tape sévère.
"Mets pas le pull aujourd’hui, il fait une de ces chaffes, on va fondre avant d’arriver au lac avec nos courses et nos fronts trempés."
Ça veut dire que c’est loin, que ça fait un bon bout à pied, et qu’à ce rythme tu vas arriver avec les chaussettes en sueur et l’âme en miettes. On le balance pour prévenir un pote: marche pas, prends un bus, une voiture, n’importe quoi. La trottinette c’est juste l’image du trajet qui tire en longueur.
"Tu veux venir à pied jusqu’au centre commercial? Non mais là il y a une trottinette, on prend le bus et on garde nos jambes."