Cagole

Ça désigne une nana jugée vulgaire ou trop apprêtée, bronzage, maquillage chargé, fringues flashy, talons qui claquent. L’idée, c’est le côté tape-à-l’œil et un peu grande gueule, pas juste “belle”. Dans l’usage, ça peut être une pique bien méprisante ou, au contraire, un surnom assumé et presque affectueux.

"Au Vieux-Port, elle débarque en mini-robe léopard, ongles XXL, talons qui cognent, et elle lâche: oh fan, servez le pastis !"

Dégun

Ça veut dire personne, personne du tout. À Marseille et en Provence, tu balances dégun quand y a pas un chat, ou pour répondre sec à une question. Y avait dégun sur la plage, j'ai vu dégun, dégun a bougé. C'est court, ça tape juste, et ça sent direct le parler du coin.

"— Oh fan, t’as vu du monde au Vieux-Port ce matin ? — Dégun, frère. Même les mouettes faisaient la sieste, on aurait dit un dimanche."

Escagasser

Abîmer ou casser un objet, souvent en s’y prenant comme un bourrin ou en le tripotant trop. À la base tu voulais juste réparer, et tu finis par tout bousiller, terminé. Le verbe vient de l’occitan escagassà, très vivant dans le parler marseillais. Rien qu’à l’entendre, tu sens déjà le plastique qui craque.

"Oh fan, qui a escagassé la télécommande ? Elle a fait un vol plané, maintenant faut se lever pour zapper, c’est l’époque des dinosaures."

Fada

Un fada, c'est le gars un peu siphonné, imprévisible, à côté de la plaque mais souvent attachant. Dans le parler de Marseille et plus largement de Provence, c'est rarement une vraie insulte. Ça chambre, ça rigole, et parfois ça dit même qu'on aime bien le grain de folie du personnage.

"Oh fan, le minot il s’est pointé au Vieux-Port en tongs en plein hiver pour piquer une tête. Quel fada, mais il régale."

Minot

Un minot, à Marseille et plus largement en Provence, c'est un gamin, un petit, un ado encore un peu jeune dans sa tête. C'est un mot du coin, souvent affectueux, parfois taquin quand le gosse fait le fada. Tu peux même dire grand minot pour charrier un ado ou un jeune adulte qui a poussé en taille mais pas encore rangé ses bêtises.

"Oh fan, le minot il tient pas en place, il saute de rocher en rocher. Peuchère, laisse-le, il est tarpin heureux d’être en vacances."

Oh fan

Interjection marseillaise passe-partout pour la surprise, l'agacement, l'admiration ou le dégoût, tout se joue dans la voix. C'est le petit cousin poli de oh putain, avec la même poussée d'air du Sud mais sans sortir le gros mot. À Marseille et plus largement en Provence, ça part tout seul dans une phrase, dix fois par jour facile.

"Oh fan, t'as vu le prix du pastis ? Ça a encore augmenté, bientôt faudra un crédit pour se payer un 51 en terrasse. Marseille change, pas en bien."

Pastaga

Le pastaga, c'est le pastis version Sud, surtout version marseillaise. Tu dis ça et t'as déjà l'apéro qui débarque, le verre trouble, les glaçons qui claquent et l'odeur d'anis qui monte. C'est un mot affectueux, bien de chez là-bas, presque sacré quand le soleil cogne et qu'on se pose en terrasse.

"Au Vieux-Port, il fait 30, on commande deux pastagas bien frais, et cinq minutes après on parle politique, foot et météo comme au PMU."

Peuchère

Interjection pour dire qu’on est touché, désolé, attendri pour quelqu’un, un peu comme oh le pauvre. Ça se sort quand tu apprends une galère, une tuile, un petit malheur, et souvent avec l’idée de consoler derrière. Le mot vient de l’occitan provençal pecaire, qui signifiait déjà pauvre bougre au sens tendre. À Marseille, selon le ton, ça peut même piquer un peu.

"— J’ai perdu mon portefeuille au Vieux-Port, j’suis dégoûté. — Oh peuchère, viens, on va te faire un café, et on retourne chercher sur le quai."

Voix du peuple

La théorie c'est bien beau... mais ce qui nous fait vraiment kiffer chez les Magikitos, c'est entendre les humains dans leur flow naturel. Si tu connais une expression bien de ton coin, enregistre-la dans le Studio en l'utilisant avec un vrai exemple, du vécu. On les publie toutes et on construit la carte sonore ensemble !

Trouve ton expression et donne-lui ta voix
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