Cagole
Ça désigne une nana jugée vulgaire ou trop apprêtée, bronzage, maquillage chargé, fringues flashy, talons qui claquent. L’idée, c’est le côté tape-à-l’œil et un peu grande gueule, pas juste “belle”. Dans l’usage, ça peut être une pique bien méprisante ou, au contraire, un surnom assumé et presque affectueux.
Dégun
Ça veut dire personne, personne du tout. À Marseille et en Provence, tu balances dégun quand y a pas un chat, ou pour répondre sec à une question. Y avait dégun sur la plage, j'ai vu dégun, dégun a bougé. C'est court, ça tape juste, et ça sent direct le parler du coin.
Escagasser
Abîmer ou casser un objet, souvent en s’y prenant comme un bourrin ou en le tripotant trop. À la base tu voulais juste réparer, et tu finis par tout bousiller, terminé. Le verbe vient de l’occitan escagassà, très vivant dans le parler marseillais. Rien qu’à l’entendre, tu sens déjà le plastique qui craque.
Fada
Un fada, c'est le gars un peu siphonné, imprévisible, à côté de la plaque mais souvent attachant. Dans le parler de Marseille et plus largement de Provence, c'est rarement une vraie insulte. Ça chambre, ça rigole, et parfois ça dit même qu'on aime bien le grain de folie du personnage.
Minot
Un minot, à Marseille et plus largement en Provence, c'est un gamin, un petit, un ado encore un peu jeune dans sa tête. C'est un mot du coin, souvent affectueux, parfois taquin quand le gosse fait le fada. Tu peux même dire grand minot pour charrier un ado ou un jeune adulte qui a poussé en taille mais pas encore rangé ses bêtises.
Oh fan
Interjection marseillaise passe-partout pour la surprise, l'agacement, l'admiration ou le dégoût, tout se joue dans la voix. C'est le petit cousin poli de oh putain, avec la même poussée d'air du Sud mais sans sortir le gros mot. À Marseille et plus largement en Provence, ça part tout seul dans une phrase, dix fois par jour facile.
Pastaga
Le pastaga, c'est le pastis version Sud, surtout version marseillaise. Tu dis ça et t'as déjà l'apéro qui débarque, le verre trouble, les glaçons qui claquent et l'odeur d'anis qui monte. C'est un mot affectueux, bien de chez là-bas, presque sacré quand le soleil cogne et qu'on se pose en terrasse.
Peuchère
Interjection pour dire qu’on est touché, désolé, attendri pour quelqu’un, un peu comme oh le pauvre. Ça se sort quand tu apprends une galère, une tuile, un petit malheur, et souvent avec l’idée de consoler derrière. Le mot vient de l’occitan provençal pecaire, qui signifiait déjà pauvre bougre au sens tendre. À Marseille, selon le ton, ça peut même piquer un peu.