Le parler niçois, c'est le nissart qui s'invite dans le français avec l'élégance de la Promenade des Anglais. Ici les mots ont des couleurs méditerranéennes, l'accent chante et les expressions sentent bon la socca et la pissaladière.
Pitchoun
Petit gamin, enfant, dit avec tendresse, parfois pour parler de ses mômes ou d’un petit qui traîne dans les pattes. Le mot vient de l’occitan, super vivant dans le Sud. On entend aussi pitchoune au féminin, et au pluriel pitchouns ou pitchounes. Ça sonne doux, et c’est souvent dit avec un sourire.
Esquicher
Serrer, tasser, presser, jusqu’à te faire sentir façon boîte à sardines. Tu peux esquicher quelqu’un dans la foule, ou te faire esquicher dans le bus quand ça déborde. Ça décrit le moment où t’as plus d’espace, tu respires petit et tu bouges plus. Le verbe vient du provençal esquichar, très courant dans le Sud.
Socca
Galette fine à la farine de pois chiches, cuite sur une plaque ou au four ultra chaud jusqu’à faire une croûte dorée. Ça se vend en parts au marché, à manger direct sur le pouce, bien poivrée, parfois avec un verre de rosé pas loin. C’est le classique niçois, cousine de la farinata ligure, simple et terriblement efficace.
Pan bagnat
Sandwich niçois ultra classique, littéralement le pain mouillé en parler local. Un petit pain rond frotté à l’ail, bien arrosé d’huile d’olive, puis rempli comme une salade niçoise: tomates, œufs durs, thon ou anchois, poivron, oignon, olives. Les puristes te feront les gros yeux si tu rajoutes mayo ou jambon. Ça cale sec et ça sent la mer, pas la cantine.
Pissaladière
Tarte salée niçoise à pâte fine, gavée d’oignons confits, alignée d’anchois et d’olives noires. Le nom vient du pissalat, une vieille préparation de poisson salé qui parfumait la garniture. Ça se mange tiède, à l’apéro ou sur le pouce au marché, et ça met direct le Sud sur la table. Pas une pizza, jamais.
Galapian
Petit garnement surexcité, le galapian court partout, parle fort et enchaîne les bêtises sans même s’en rendre compte. Mot du parler niçois, coussiné du provençal occitan, qu’on lance souvent aux mômes ou aux ados quand ils font les fadas. C’est moqueur plus que méchant, comme une tape derrière la tête.
Pantaï
Rêvasser à fond, partir dans ses films en restant planté là, comme si ton cerveau faisait une balade sur la Prom’. On dit aussi pantaïer, quand tu décroches en pleine conversation et que tu réponds à côté. C’est du nissart, bien pratique pour recadrer le pote qui plane ou pour avouer que t’étais déjà à la mer dans ta tête.