Le pays où l'argot est un art de vivre. Du verlan des banlieues au parler des bistrots, la France ne se contente pas de parler français, elle le réinvente tous les jours, avec l'accent et l'attitude qui vont avec.
"C'est blindé, ça veut dire que c'est rempli. Ça veut dire qu'il y a vraiment trop. Et souvent, on parle de personne. Donc voilà, quand on arrive au resto et qu'on voit que c'est blindé, on est un peu déçus parce qu'on sait qu'on ne va pas pouvoir manger tout de suite."
"Les commissions, c'est les courses qu'on va faire au supermarché, souvent c'est alimentaire quand même et ça peut même être diminué au mot commis. Donc quand tu vas faire les commissions ou quand tu vas faire les commis, en général c'est pour remplir le frigo."
"Faire ses commissions, en fait, ça veut dire, tu vois, faire ses courses. Je vais te faire un exemple, par exemple, tu vois, je veux dire, je vais faire mes commissions au supermarché. T'as besoin de quelque chose ?"
"Une réclame, c'est une publicité, ça peut être à la télé, dans le journal, à la radio, peu importe. Mais s'il y a quelque chose de nouveau qui est sorti et qu'on a été intéressé par cette publicité, on peut demander à quelqu'un justement « mais tu as vu la dernière réclame à propos de cette superbe nouvelle voiture ? »"
"Boutiquer, c'est vraiment un verbe qu'on utilise en Suisse pour dire soit qu'on est en train de faire quelque chose un peu dans notre coin, soit qu'on est en train de regarder un petit peu les choses. Donc voilà, souvent quand on a envie de savoir ce que la personne elle fait un peu dans son coin là-bas, on veut dire mais qu'est-ce que tu boutiques ? Qu'est-ce que tu es en train de boutiquer là ?"
"Adieu, c'est vraiment le mot qu'on utilise en Suisse pour dire bonjour, mais aussi des fois pour dire au revoir. Donc des fois on comprend rien du tout finalement ce qu'on veut dire, mais c'est très très courant pour appeler quelqu'un ou pour saluer quelqu'un qu'on connaît bien, on lui dit adieu, comment ça va ?"
C’est blindé
Ça veut dire que c’est archi rempli, au point où t’as l’impression qu’il reste même plus un coin d’air libre. Tu le sors pour un resto, un métro, une soirée, une rue, n’importe quel endroit bourré de monde ou chargé à bloc. C’est court, net, et ça peint direct l’idée d’un truc saturé.
Une réclame
C’est le mot un peu old school pour dire une pub, une publicité qu’on voit à la télé, dans le journal ou ailleurs. En Suisse romande, il a gardé une vraie vie au quotidien pendant que d’autres coins l’ont rangé au grenier. Ça a un petit goût rétro, mais personne ne cligne des yeux quand tu le sors.
Boutiquer
Ça veut dire être occupé dans son coin, trifouiller, bricoler, regarder quelque chose sans trop faire de bruit. Tu le sors quand quelqu’un magouille gentiment dans un tiroir, traîne vers une étagère ou s’affaire à sa sauce. Boutiquer, c’est l’activité discrète, un peu floue, mais bien vivante, de celui qui manigance sans forcément foutre le bazar.
Faire ses commissions
Ça veut juste dire faire les courses du quotidien. Tu passes prendre à manger, deux trois trucs pour la maison, les promos si t'as l'œil, puis tu rentres les bras en mode mulet civilisé. L'expression a un petit parfum d'avant, très famille, très marché, très liste pliée dans la poche.
Adieu
Dans le Sud-Ouest, adieu sert souvent à dire salut, et parfois aussi au revoir. Pour quelqu'un qui vient d'ailleurs, ça peut sonner grand départ tragique, alors qu'en vrai c'est juste une formule du coin, chaleureuse, posée, bien vivante dans la bouche toulousaine et occitane.