À la frontière franco-allemande, les mots font le grand écart. L'alsacien colore le français local d'expressions impossibles à trouver ailleurs. Ici on "schlingue", on mange des "schnecks" et on dit "yà" au lieu de "oui". Bienvenue dans le melting-pot linguistique.

Schneck

Un schneck, c’est d’abord un escargot en alsacien, et par extension le pain aux raisins en spirale, bien dodu et bien beurré. Dans les boulangeries strasbourgeoises, si tu dis pain aux raisins, on te comprend, mais ça sonne touriste. Le vrai réflexe, c’est de demander un schneck comme si c’était évident, puis de te cramer la langue sur la crème. Au goûter, ça fait toujours le taf.

"À la boulange de la Krutenau, j’ai demandé deux schnecks, la boulangère a lâché un hopla, et j’ai fini à lécher le sucre sur les doigts."

Schlinguer

Schlinguer, c’est puer, sentir mauvais, le genre d’odeur qui te saute au pif et te donne envie d’ouvrir toutes les fenêtres. En Alsace, surtout autour de Strasbourg, c’est un classique du parler familier, hérité de l’alsacien. On l’utilise autant pour un fromage qui fait peur que pour une poubelle oubliée. Quand ça schlingue, tu te bouches le nez et tu files.

"Dans le tram, quelqu’un sort un munster de son sac, tout le monde recule. Ça schlingue grave, mais lui il sourit, hopla, c’est pour l’apéro."

Schmoutz

Un schmoutz, c’est une bise, un petit bisou sur la joue, façon Alsace. Le mot vient du parler alsacien, et tu le verras aussi écrit schmutz. Ça sonne comme un smack bien claqué, donc c’est parfait pour dire bonjour, au revoir ou réconforter quelqu’un, sans tomber dans le truc trop guimauve.

"— Hopla, viens là deux secondes, j’file au taf. Fais-moi un schmoutz, sinon je pars en mode grognon. — Schmoutz, va, et prends ton parapluie."

Schlague

Ça parle d’une gestion au carré, autoritaire, genre sergent-chef qui aboie et tout le monde file droit. Dire qu’un truc se fait à la schlague, c’est insister sur la rigueur et la discipline, parfois avec une petite pique. Le mot vient du germanique, via l’alsacien, avec l’idée du coup qui fait obéir.

"— Depuis qu’il est là, c’est réunions à l’heure et compte-rendus nickel, il gère tout à la schlague. — Hopla, normal, l’ancien adjudant lâche rien."

Schlapper

Marcher en traînant des pieds, façon pas pressé du tout, souvent avec les semelles qui frottent et un air de flemme totale. On te le balance quand tu ralentis tout le monde ou que tu avances comme si t’avais des enclumes aux chaussures. Le verbe vient de l’alsacien, proche de l’allemand schlappen, avec cette idée de traîner, pantoufler.

"— Arrête de schlapper, on va rater le tram à Homme de Fer, hopla. — J’ai les pieds en compote, laisse-moi schlapper deux minutes."

Knack

Une knack, c’est la petite saucisse alsacienne façon Strasbourg, fumée puis réchauffée à l’eau, qui fait un vrai petit crack quand tu croques dedans. Dans les snacks et les marchés, c’est le combo doudou avec des frites et une tonne de moutarde. On dit souvent une knack, des knacks, et tout le monde voit direct le délire.

"Viens, on se fait un knack-frites au marché de Noël, j’ai les mains en glace. Toi la moutarde qui arrache, moi je prends le vin chaud."

Hopla

Interjection passe-partout qui te sort de partout, un peu comme un coup de coude dans la conversation. Ça peut vouloir dire allez, hop, voilà, bon, on y va, selon le ton. Tu la lâches pour démarrer une action, conclure un truc, te donner du courage ou juste marquer le moment. C’est un classique bien ancré en Alsace, simple et ultra efficace.

"Hopla, dépêche, le tram arrive et j’ai les mains pleines de bretzels. Toi tu papotes encore, on va rater l’arrêt, sérieux."

Flammekueche

C’est la tarte flambée du coin, ultra fine, cuite bien chaude au four, souvent au feu de bois. La base classique, c’est crème et fromage blanc, oignons et lardons. Ici, on dit souvent une flam, et tu la partages à l’apéro comme une pizza. Variante gratinée, munster, tout passe, et ça disparaît toujours trop vite.

"On se cale au winstub, hopla, je prends une flam gratinée et un petit riesling. Deux minutes après, y a plus rien sur la planche, même pas une miette."

Winstub

Petite taverne à vin alsacienne, souvent tout en bois, où tu viens te poser au chaud pour manger qui tient au corps et boire un blanc bien sec. Le mot vient de l’alsacien, Wein pour le vin et Stube pour la pièce. Entre flammekueche, baeckeoffe et Riesling, c’est le QG parfait pour l’apéro qui dure.

"Hop, on se cale en winstub après le taf, une flammekueche gratinée, deux gorgées de Riesling, et on refait le monde au chaud."

bredele

Petits biscuits secs de Noël d’Alsace, souvent à la cannelle, anis ou amandes, qu’on aligne dès que décembre arrive. Le mot vient de l’alsacien Bredle, et au pluriel on dit bredeles. Chaque famille jure avoir sa recette blindée de secrets, puis finit par en offrir des boîtes à tout le quartier. Impossible d’y résister.

"À Strasbourg, on a sorti les boîtes de bredeles, ma mère en a fait quinze sortes. J’en pique deux en passant et je repars avec les poches pleines."

messti

Une messti, c’est la fête du village version Alsace, une kermesse qui envoie avec manèges, stands, musique, bretzels, flammekueche et la bière qui coule. Tout le monde s’y pointe, même ceux qu’on voit jamais, juste pour faire un tour, papoter et finir par rester. Ça se rapproche pas mal de la ducasse ou de la vogue. Hopla.

"C’est la messti ce week-end à Obernai, j’ai déjà repéré les bretzels. Si tu me cherches, hopla, je suis collé à la tireuse."

Schnaps

Le schnaps, c’est l’eau-de-vie qu’on te sert souvent en fin de repas, histoire de faire passer la choucroute. Le mot vient de l’allemand, normal par ici. Mirabelle, quetsche, poire, framboise, chacun a sa bouteille maison et son tonton persuadé que la sienne est la seule vraie. Ça arrache un peu et ça calme les bavards.

"Hopla, un petit schnaps pour digérer ? Mirabelle maison. Ouf, ça sent le feu, serre pas trop sinon je rentre en zigzag jusqu’au tram."
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