Le berceau de l'argot, le terrain de jeu du verlan, le QG de la tchatche. Ici, chaque quartier a son propre vocabulaire, des bistrots de Belleville aux halls du 93. C'est là que le français se réinvente tous les jours, dans la bouche des rappeurs, des titis parisiens et des jeunes de banlieue.

Pélo

Un pélo, c’est un gars, un mec, un type, souvent un inconnu dont tu parles vite fait. C’est familier, très entendu à Paris et en banlieue, surtout chez les jeunes. Ça peut être neutre ou un peu moqueur selon le ton. Bref, le mot parfait quand t’as pas envie de sortir l’état civil.

"Y a un pélo chelou qui traîne en bas depuis une heure, il matte les sonnettes comme si c’était Netflix. Vas-y, demande-lui ce qu’il veut avant que la gardienne débarque"

Poucave

Une poucave, c’est un balance, un mouchard, le type qui va raconter ta vie aux keufs, au prof ou au boss dès que ça chauffe. Le mot vient de l’argot des cités et ça s’est répandu partout, surtout en Île-de-France. Franchement, c’est l’étiquette qui colle vite et qui met direct une ambiance éclatée.

"On était tranquilles à gratter un grec, et lui direct il va voir la CPE pour tout raconter. Wallah quelle poucave, après il fait le surpris quand ça clashe."

Tronche

Ça veut dire la face, la gueule, le faciès. La tronche, c’est pas juste le visage en mode photo d’identité, c’est la tête avec l’expression qui raconte ta vie. Quand quelqu’un tire une tronche, tu captes direct que ça sent l’embrouille ou la loose. Franchement, c’est hyper parlant.

"T’as vu la tronche qu’il tire ce matin, on dirait qu’il a dormi dans le RER B. J’lui ai dit bonjour, il m’a répondu avec les yeux, ça pique."

Zinc

Le zinc, c’est le comptoir du bar, celui où tu poses tes coudes et ta vie pendant que le serveur fait glisser les demis. À la base, pas mal de comptoirs étaient vraiment en zinc, d’où le nom. Boire un coup au zinc, c’est boire au comptoir, en mode rapide, convivial, et un peu commère.

"Vas-y, on se cale au zinc deux minutes, juste un demi et on file. Sauf que je te connais, tu vas finir par taper la discute au barman jusqu’à la fermeture."

Frangin

Ça veut dire frère, mais en version affective et bien familière. Un frangin, c’est pas juste le gars avec qui tu partages l’ADN, c’est le complice, le soutien, celui qui te couvre quand ça part en vrille. À Paris, ça sort vite dans la bouche, comme frérot. Et pour la sœur, c’est frangine, logique.

"Mon frangin débarque demain à Paname, il croit qu’on va faire les touristes. Moi je l’emmène direct grailler un grec et finir en after chez les potes"

Godasse

Une chaussure, le plus souvent au pluriel, godasses. C’est familier, un peu populaire, et ça sent le bitume parisien et les trottoirs qui collent. On parle de pompes du quotidien, pas forcément du luxe, plutôt le genre de shoes qui prennent la pluie, le métro et les embrouilles sans broncher.

"T’as vu mes nouvelles godasses ? Je les ai sorties dix minutes, y a déjà une trace de kebab et un chewing-gum collé, Paris ne pardonne pas"

Magouille

C’est des combines louches, des arrangements sous le manteau, des trucs pas nets qui puent l’arnaque. La magouille, c’est l’art de gratter les règles sans se faire choper, du petit service entre potes au gros dossier qui finit au JT. À Paris, y en a partout, faut juste ouvrir les yeux et tendre l’oreille.

"Au taf, ça parle de primes et de promotions, mais bizarrement c’est toujours les mêmes qui gagnent. Franchement, y a de la magouille dans cette boîte, c’est pas clair."

Gnôle

La gnôle, c’est l’eau-de-vie qui sort du placard, souvent maison ou du coin, et toujours trop fière de ses degrés. Un alcool fort, un peu rustique, qui tape sec et te chauffe la gorge direct. Ça sent la prune, la poire ou le mystère, et ça sert autant à trinquer qu’à se donner du courage.

"Chez tonton, après le repas, il sort la gnôle dans une bouteille sans étiquette. Tu prends une mini gorgée, tu pleures un peu, et lui il dit tranquille que ça désinfecte l’âme."

Paluche

La paluche, c’est la main, version familière, un peu vieille école mais toujours vivante. Serrer la paluche, ça veut dire serrer la main, façon pote ou accord à l’ancienne, pas besoin d’en faire des caisses. Ça peut sonner un peu beauf selon le contexte, mais justement, c’est ça qui fait le charme.

"Vas-y, serre-moi la paluche, on va pas faire les timides. Allez, enchanté. Bon, maintenant tu me files ton blaze et on se capte pour le café"

Turbin

Le turbin, c’est le taf, le boulot, la routine qui te bouffe tes matinées. Aller au turbin, c’est te lever trop tôt, te taper le métro et faire semblant d’être motivé alors que t’as l’âme d’un dimanche soir. Mot ancien qui traîne depuis longtemps, et franchement il colle bien, parce que le turbin ne lâche jamais.

"Allez, j’file au turbin, ligne 13 blindée, café cramé à la main. Si je survis à la réunion de 9 h, je m’offre un grec et je redeviens humain."

Valoche

C’est une valise, mais en version familière, un peu plus cool et moins coincée. Ta valoche, c’est celle que tu traînes dans le métro, qui te scie la main, et qui est toujours trop pleine, même quand tu pars deux jours. Mot simple, efficace, et franchement plus sympa à dire que valise.

"Wesh, fais pas le touriste, chope ta valoche et dépêche. On file à Gare de Lyon, j’ai pris les billets et toi t’es encore là à plier des chaussettes"

Schmilblick

Le schmilblick, c’est un truc indéfini, une histoire, une situation un peu floue dont tout le monde parle sans trop savoir ce que c’est. On l’entend surtout dans l’expression faire avancer le schmilblick, genre faire avancer les choses, débloquer le bazar. Et quand ça n’avance pas, c’est que ça brasse du vent, tout simplement.

"Franchement ton speech de 10 minutes, ça a zéro fait avancer le schmilblick, on est toujours au même point avec le dossier"

Chourer

Ça veut dire piquer, faucher, chaparder, bref voler vite fait sans faire le braquo du siècle. Le mot viendrait du romani et il a squatté l’argot parisien depuis longtemps. On l’emploie surtout pour les petits larcins du quotidien, genre le briquet, le stylo ou la dernière viennoiserie quand personne regarde.

"J’pose mon briquet deux secondes sur le zinc, je me retourne, pouf disparu. Y en a un qui l’a chouré, tranquille, comme si c’était un service public"

Guincher

Guincher, c’est danser, souvent en mode populaire, bal musette ou soirée qui part en vrille. C’est un vieux mot d’argot parisien qui sent les pavés et l’accordéon, mais il marche encore très bien pour dire “on se lâche sur la piste”. Rien que le son du mot, t’as déjà les épaules qui bougent.

"Ce soir on guinche à Belleville, pas besoin de DJ star: deux pintes, un vieux tube, et la daronne du pote nous met la misère sur la piste"

Bader

Ça veut dire déprimer, avoir le cafard, ruminer tout seul. Tu bades quand un truc te plombe et que tu traînes la gueule toute la journée. Le verbe s’est popularisé chez les jeunes, avec un petit parfum d’anglais bad, genre mauvaise vibe. On l’emploie souvent au présent, comme un constat simple et un peu fataliste.

"— T’as vu le temps et le RER encore en rade. — Laisse, je bade, j’ai raté mon entretien et j’me sens éclaté."

Casse-dalle

Un casse-dalle, c’est le petit repas vite expédié quand t’as la dalle, souvent un sandwich ou un bout de pain garni. Le mot joue sur l’idée de “casser” la faim, et ça sent le jambon-beurre avalé sur le pouce entre deux rendez-vous ou sur un chantier. Simple, efficace, zéro chichi.

"— On se pose où ? — Nulle part, j’ai la dalle. Je file à la boulange choper un casse-dalle jambon-beurre et on repart direct au taf."

Chanmé

Verlan de méchant, mais retourné en compliment. Dire qu’un truc ou quelqu’un est chanmé, c’est dire que c’est ouf, lourd, que ça régale. C’est sorti des quartiers parisiens et c’est resté un classique du parler jeune. Tu le lâches quand t’as pris une claque et que trop bien fait trop sage.

"T’as vu le nouveau clip de PNL ? Grave chanmé, j’ai relancé direct dans le RER. Même le daron à côté a hoché la tête, genre il valide."

Péta

Péta, c’est le pote complètement tapé, un peu perché, pas net, qui part en freestyle comme s’il avait pété un câble. Souvent présenté comme le verlan de tapé. Le ton est plus moqueur que violent, genre tu te fous gentiment de lui quand il balance une idée éclatée ou agit sans réfléchir.

"Il a lâché son taf, pris un car pour Barcelone sans prévenir personne. Wesh, ce mec est trop péta, on dirait qu’il vit dans un clip."

Tromé

Verlan de métro, pratique pour parler du réseau sans faire le touriste. Ça sonne très parler jeune parisien, surtout côté banlieue, et ça évoque direct les quais blindés, les correspondances qui piquent et la rame qui s'arrête pour un mystérieux incident voyageur. Pas ultra courant partout, mais quand tu l’entends, tu sais que ça parle RATP.

"Rendez-vous au tromé à République à 19h. Si la 9 est encore bloquée, j’arrive en mode sardine, deux stations plus tard."

tigen

Verlan de gentil. Tu l’emploies pour dire qu’un gars ou une meuf est sympa, réglo, toujours chaud pour dépanner sans te faire la morale. C’est le compliment simple quand quelqu’un te facilite la vie. Ça traîne surtout dans le parler jeune à Paris et autour, plus discret que sympa mais ça fait son petit effet.

"Wesh, ton coloc est tigen, il m’a filé son chargeur direct et m’a même laissé squatter la prise toute la soirée, sans prise de tête."

leur

C’est le mini-format de relou: quand quelqu’un ou un truc te fatigue, te casse la tête, tu lâches juste leur. Ça vient du verlan lourd → relou, puis certains ont encore rogné le mot pour aller plus vite. Ça s’entend surtout entre jeunes à Paris et en banlieue, souvent sur un ton blasé ou énervé.

"Wesh ce prof est trop leur avec ses contrôles surprises, on dirait qu’il kiffe nous voir stresser. Demain je débarque avec un mot d’excuse éclaté."

reup

C’est du verlan pour dire père. Ton reup, c’est ton daron, ton père, souvent dans des phrases genre mon reup, son reup. Ça va avec reum pour la mère, et ça a bien tourné dans le parler des jeunes, surtout en région parisienne. Ça sonne un peu “époque collège”, mais tout le monde capte encore.

"Wesh j’ai dit à mon reup de me dépanner sa caisse, il a soufflé mais il a filé les clés. Ma reum m’a grillé direct."

Calter

Ça veut dire partir vite, se barrer, disparaître du radar. Quand tu caltes, tu traînes pas, tu plies bagage en deux secondes, souvent parce que ça sent l’embrouille ou que tu veux éviter les keufs. C’est pas une sortie classe, c’est une évacuation propre et nette. Hyper utile pour sauver sa peau.

"Vas-y on calte, j’ai vu les keufs au coin et mon pote a zappé son Navigo. On file par la bouche de métro, discrètos, avant que ça chauffe."
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