Le Grand Est, c'est là où l'argot français se prend un shot de frontière. Entre Reims, Metz, Nancy, Colmar et Strasbourg, ça parle avec un accent qui swingue entre la France, l'Alsace, la Lorraine et la Champagne. Des mots allemands glissés dans la conversation, des expressions lorraines qui pètent, du vocabulaire qui sent la choucroute et parfois le champagne selon l'endroit où tu te poses. Ici on appelle le repas de midi le dîner et celui du soir le souper, et on te pose des questions genre ça gaze au lieu du banal ça va. Un carrefour linguistique où les influences se mélangent sans jamais se marcher sur les pieds.
"Poutser, ça veut dire nettoyer, faire le ménage. Donc très souvent, si tu es un bon citoyen suisse, le dimanche à 8h du matin, tu te réveilles, tu bois ton café et tu commences à poutser de fond en comble ton balcon, ton garage, ta chambre, etc. Pour bien commencer la semaine."
"Poutser, ça veut dire nettoyer. Par exemple, hier j'ai poutsé toute la maison de fond en comble."
"La gnôle, c'est l'alcool fort en général. Par exemple, dimanche on était chez mon grand-père pour le repas de famille, à l'heure du dessert il nous sort la gnôle, ben je peux te dire, tout le monde a mal au thorax."
"Schlinguer, ça veut dire sentir mauvais, puer vraiment. Par exemple, ce matin dans le métro, ça schlinguait. Il y en a un qui aurait dû mettre du déo."
"Boubourse ! Oh, ça c'est pas une insulte ! Si tu veux vraiment te moquer de quelqu'un, tu vois, tu vas dire espèce de boubourse ! T'as encore oublié tes clés !"
"Sarker, ça veut dire se mettre en marche, bouger, tu vois, comme si on bougeait d'un coup. Ça doit venir de là, cette expression. Je te donne l'exemple. Allez, on sarke ! Sinon, on va être en retard encore une fois !"
Boubourse
Petit mot du Nord pour traiter quelqu’un d’andouille un peu lunaire, pas bien réveillée ou champion de la gaffe. Ça chambre plus que ça n’attaque, souvent entre potes ou en famille, quand quelqu’un oublie un truc évident, fait le fier pour rien ou enchaîne les boulettes avec un sérieux de roi du vide-poche.
Sarker
Sarker, c'est bouger d'un coup, se mettre en route sans traînasser plus longtemps. Tu le sors quand faut décoller, quand la pause est finie et que tout le monde doit remettre la machine en jambes. Le mot a un petit nerf sec, ça claque, ça pousse, ça dit clairement allez hop, on y va.
Poutser
Nettoyer, récurer, faire briller. Poutser vient de l'allemand putzen et c'est resté bien ancré dans le vocabulaire de la Suisse romande et de l'Alsace. Quand tu poutses, tu fais pas un petit coup d'éponge vite fait, tu nettoies à fond, tu frottes, tu désinfectes. C'est le ménage version sérieuse, celui que ta grand-mère ferait avant la visite du dimanche.
Gnôle
La gnôle, c’est l’eau-de-vie bien corsée, souvent faite maison ou ramenée du bled, et rarement douce avec ta gorge. Ça peut sentir la prune, la poire, la mirabelle ou un truc indéfinissable. On la sort en fin de repas pour trinquer, se réchauffer ou se donner un petit coup de courage. À manier avec respect.
Schlinguer
Schlinguer, c’est puer, sentir mauvais, le genre d’odeur qui te saute au pif et te donne envie d’ouvrir toutes les fenêtres. En Alsace, surtout autour de Strasbourg, c’est un classique du parler familier, hérité de l’alsacien. On l’utilise autant pour un fromage qui fait peur que pour une poubelle oubliée. Quand ça schlingue, tu te bouches le nez et tu files.