Ce que ça veut dire
Le tchoko, c'est le petit pot-de-vin du quotidien, le billet qu'on glisse pour débloquer un dossier, éviter les lenteurs ou faire bouger un agent qui faisait le caillou. En Afrique centrale, le mot sert à nommer cette combine connue de tous, surtout dans l'administration, aux barrages et aux guichets.
Exemples d'usage
"Le gars au guichet m'a regardé droit dans les yeux et a dit que mon dossier était incomplet. Traduction: il attend son tchoko. J'ai glissé un billet, dossier validé."
"Le gars au guichet de la préfecture du quartier Bastos de Yaoundé m'a regardé droit dans les yeux par-dessus le bureau du sous-directeur du service de l'état civil et a déclaré que mon dossier de la carte nationale d'identité était incomplet du document du certificat de naissance, traduction immédiate du regard, il attend son tchoko du jour, j'ai glissé un billet vert du fond du portefeuille."
"L'agent de police du rond-point de l'Avenue Kennedy de Douala arrête le taxi-brousse du chauffeur de Bafoussam tous les vendredis soirs vers vingt heures pour le contrôle de routine du véhicule du transport, le chauffeur sait depuis quinze ans de métier ce que l'agent du carrefour attend dans la main par la fenêtre ouverte, le tchoko de cinq cents francs CFA passe sans un mot."
"À la mairie, on m'a dit de repasser la semaine prochaine. Mon oncle a soufflé tout bas: sans tchoko, ton papier va dormir là-bas."
"Le chauffeur a même pas discuté avec l'agent au contrôle. Il a sorti le tchoko, poignée de main, et la route a retrouvé sa paix."
D'où ça vient
Du français centrafricain et camerounais tchoko, mot d'origine probablement bantoue (peut-être de la racine -choka, choquer, frapper, dans le sens du billet déposé d'un coup sur le bureau du fonctionnaire), attesté dans le parler populaire de Yaoundé, Douala et Bangui depuis les années soixante-dix de l'indépendance des États du golfe de Guinée. Le tchoko désigne le pot-de-vin quotidien et systémique, distinct du gros bakchich politique, et fait partie du vocabulaire ordinaire de la vie administrative du citoyen camerounais qui passe le permis de conduire à la préfecture du quartier ou récupère un dossier au tribunal de la ville.
Autres façons de le dire
Cette expression apparaît aussi dans