Ce que ça veut dire
Cotir, souvent en mode pronominal, c’est se cogner et finir avec un bon bleu bien marqué. Le mot vient du normand où un fruit coti, c’est un fruit meurtri par un choc, un peu amoché quoi. Par extension, toi aussi tu peux être coti après avoir rencontré un coin de table ou une portière trop vite.
Exemples d'usage
"— T’as quoi à la cuisse, on dirait une sacrée marque ? — J’me suis coti en sortant de la bagnole, la portière m’a cueilli sec."
"Je me suis coti le tibia contre la table basse en chêne du salon de la maison familiale de Veules-les-Roses, le bleu a viré au violet pendant la nuit, et ma mère m’a appliqué le baume du sergent-major du fond de la pharmacie du couloir."
"Le neveu s’est coti le front contre le coin de la porte de la cuisine de la ferme du grand-père près d’Étretat dimanche dernier, la bosse a atteint la taille d’un œuf de poule, et le médecin du village a recommandé de la glace et beaucoup de patience jusqu’au mardi."
"J’me suis encore coti l’épaule contre l’encadrement, j’te jure cette maison veut ma peau."
"Le p’tit s’est coti en courant dans la cour, maintenant il montre son bleu comme un trophée de bagarre contre le mur."
D'où ça vient
Cotir vient bien du normand, surtout du parler du pays de Caux et du Cotentin. À l'origine, un fruit coti, c'est un fruit meurtri après un coup, abîmé sous la peau. Le mot a glissé du verger au corps humain pour dire qu'on s'est cogné et qu'un bleu a poussé à l'endroit de l'impact.
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